Décembre 2004 - Le Luc en CB 500
Ca y est, je suis inscrit pour ma première séance de piste le dimanche 12 décembre 2004. J'ai 6 sessions de 20 à 25 minutes tout au long de la journée pour découvrir les joies du circuit. Je fais évidemment parti de la catégorie "Débutant", chez Moto Club Zone Rouge, qui organise cette journée, ça correspond à la catégorie "Blanche".
Départ de la maison à 6h30 équipé d'un T-Shirt, de la combi piste et d'un blouson polaire par dessus pour le trajet sur autoroute. Je récupère Olivier, et son CB 500 S, à 7h00 à l'entrée de l'autoroute de Cannes. Et nous voila parti pour 1 heure d'autoroute de nuit avec une température qui diminue au fil des kilomètres. Arrivé au circuit du Luc à 8h00, il fait -2°C, j'ai les doigts gelés, mais rien ne peut entâcher ma bonne humeur.
On retrouve sur place Richard (SVS préparée), Ralph (SVN préparée), Christophe (748 R de série, mais pas pour encore très longtemps) et Pierre-Arnauld (CBR 600 de série) qui ont l'habitude de rouler sur circuit. Ce sont tous des membres du BMS. Il y a aussi les membres spectateurs du BMS comme Magali, Jean-Yves et son fils, Karl (notre photographe) et Véro. C'est donc l'occasion pour moi de les rencontrer pour la première fois.
Je démonte les rétros et mets du scotch sur le phare et les clignos. Et me voilà prêt, malgré le froid, pour cette journée de piste sur le circuit du Luc version avec la "couille de boeuf".
Pour la première série, je démarre pépère histoire de découvrir le circuit et la moto. Il fait encore froid, le soleil vient à peine de finir de se lèver, donc je reste prudent et roule tranquille tout au long de la session. Cela me permet de repérer les virages, ainsi que la façon de les aborder, de tester la tenue de route de la moto et son freinage. J'ai un peu d'appréhension, c'est la première fois que je tourne sur circuit de ma vie, et je me demande comment je dois aborder la chose. Et, en fait, au bout de quelques mètres, j'arrête de penser et me concentre sur ce que je fais et je m'aperçois que ça vient tout seul. Seulement, quand je commence à trouver quelques points de repère, la session se termine. Il faut attendre la prochaine.
Pour la deuxième série, je fais un tour tranquille pour faire chauffer les pneus, puis je commence à accéler de plus en plus fort. La moto accroche parfaitement à la route, elle freine très bien, je me sens de plus en plus en confiance et je roule de plus en plus vite. Dans la catégorie "Blanche", on est 25 motos, et je commence à en doubler quelque unes. Je me prends au jeu et les sensations sont au rendez-vous. Je sens que je progresse à chaque tour, alors j'essaie de sortir mon genou pour le poser au sol. Mais je ne trouve pas la position à adopter, je prends moins de plaisir comme ça. Je pense que c'est trop tôt, j'essayerais de nouveau plus tard. Je finis donc la session en tournant "normallement".
Je démarre la troisième série en chauffant mes pneus. Je suis derrière Olivier et son CB qui a déjà tourné sur circuit. J'arrive à le suivre sans trop forcer, j'ai même l'impression que je peux le passer. Au troisième tour, je lui fais un freinage et le passe dans le premier virage de la couille de boeuf. Je suis trop content, je tourne mieux que lui, alors que le but que je me fixais le matin était d'essayer de le suivre. Puis, suite à un accident assez grave, fracture ouverte de la cheville, on est obligé de stopper les séances du matin. Olivier me dit qu'il ne se sens pas à l'aise avec ses pneus Diablo Evo et qu'il regrette ses BT090 de d'habitude. Cela explique pourquoi j'ai réussi à le passer si facilement, mais quand même je tourne mieux que je le pensais. Vivement cet après midi que ça recommence.
Arrive la pose de 12h à 14h, tout le groupe sort ses sandwichs et c'est parti pour un petit pique-nique sous un arbre histoire de décompresser un peu. Il fait bon, le soleil est au rendez-vous, la température est bien remontée, bref c'est un petit moment de détente bien mérité.
La quatrième et la cinquième séries démarrent de la même façon que les autres. Je tourne de mieux en mieux, mes repères sont meilleurs. Je n'essaie pas de poser mon genou (oui, je sais, je bloque là-dessus, mais c'est mon rêve d'arriver à ça), par contre, je me concentre sur l'apprentissage de la piste. Je commence à savoir où freiner, ou accélérer, comment me positionner sur la piste. C'est toujours perfectible, mais je prends un plaisir inouï à tourner. C'est vraiment du pur bonheur. Je double la R6, le TRX, le GSXR750, 2 ducatis SSies et une bonne dizaine de motos en poly. De tête je crois que seuls mes 4 potes et un DRZ 400 SM ont réussi à me dépasser. Et il y a quelques autres motos que je n'ai jamais vu sur la piste (ni je les ai rattrapé, ni elles ne m'ont rattrapé). Pourtant dans les 2 lignes droites, je prends 150 km/h compteur, alors que les autres sont au moins à 180 km/h.
Avant la sixième et dernière séance, j'ai demandé à un pote de me chronométrer, pour avoir une idée des temps que je fais. Verdict, en début de séance, j'ai fait 1'25"812, puis 1'25"107 et en fin de séance, j'ai fait 1'24"713. Et tout ça malgré le 150 km/h en ligne droite. A la fin de la série, je m'aperçois que je passe bien plus fort sur l'ensemble de la piste. J'ai trouvé sur quel rapport je dois être sur les différents tronçons. J'ai amélioré mes freinages, et je réaccélère plus tôt en sortie de courbe.
Pour une première journée, je suis plus que content. Je ne suis pas tombé, je n'ai fait que progresser et les temps sont encourageant pour la suite. Par contre, j'ai essayé de poser les genoux par terre, mais sans succès. Pour l'instant, je vais plus vite sans le faire, donc la marge de progression reste longue.
Au niveau sensation, c'est très difficile d'expliquer ce que je ressens. En fait, c'est évidemment un plaisir incroyable, pouvoir aller vite sans quasiment de danger. Mais en plus, il y a un sentiment de liberté, pouvoir faire ce que l'on veut de sa moto, sans que personne ne puisse dire quoi que se soit. Bref, j'ai adoré, et je désire recommencer dès que possible.
Le retour s'est fait aussi par autoroute, mais sans aucun plaisir, il y avait pas mal de voiture. En rentrant, j'ai pris une bonne douche chaude, j'étais très heureux de retirer ma combi et de mettre des vêtements plus ample. Après le repas, une bonne nuit de sommeil avec pleins d'images de la journée dans la tête.
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